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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 07:00

414672327[1]Cette semaine, à l'occasion de la rentrée littéraire, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent chaque jour un auteur publiant son premier roman. La série "Première  rentrée littéraire" se termine aujourd'hui avec Natacha Boussaa. Née à Paris, dans le quartier République, enfant elle regarde passer les grandes manifestations. Dans l’ambiance remuante du restaurant familial, elle commence à écrire. Quelques années plus tard, après un DEA de lettres modernes, une Licence de cinéma et une formation d’art dramatique, Natacha devient comédienne, principalement au théâtre, la passion de l'écriture est toujours là. Son premier roman, Il vous faudra nous tuer est paru fin août aux éditions Denoël.

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Votre roman Il vous faudra nous tuer, a pour cadre les manifestations de 2006 contre le CPE, pourquoi avoir choisi ce thème ?
Tout d’abord, parce qu’il me semblait intéressant de rappeler aujourd’hui qu’un mouvement social très récent en France était parvenu à faire reculer un gouvernement. Au plus fort de ces manifestations, trois millions de personnes étaient dans la rue et il ne s’agissait pas uniquement de lycéens ou d’étudiants, mais bien d’un mouvement plus vaste, regroupant mécontents et salariés.
C’est aussi un mouvement qui a vu la radicalisation d’une partie de la jeunesse. L’année qui a suivi ces manifestations parfois très violentes, certains membres du gouvernement et la presse ont commencé à populariser le terme « ultra-gauche », terme désignant en partie un fantasme, en partie une réalité : la radicalisation de certains jeunes à la suite de ces manifestations. Ce qui m’intéressait aussi dans ce mouvement, c’est qu’il est emblématique de ce qui se passe partout en Europe (notamment en Grèce et en Italie) où les tensions entre les peuples qui refusent de voir leur monde changer et les gouvernements qui appellent à un monde nouveau, plus flexible, n’ont jamais été si vives. Enfin, je souhaitais écrire un livre sur une certaine jeunesse des classes moyennes, décrire leur façon de vivre, leur rapport à la société. Elles ont reçu une éducation qui leur permet de porter un regard critique sur la société, mais n’ont pas les moyens matériels de le mettre à l’œuvre. Elles incarnent une force politique qui s’ignore. Le roman décrit un climat pré révolutionnaire. Il y avait, enfin, un dernier enjeu littéraire : écrire un roman historique sur des événements très récents.

Que pensez-vous de la jeunesse actuelle ?
Je suis frappée par notre aptitude à être si raisonnables, pragmatiques. Nous sommes nés dans la crise, nous n’avons jamais connu que cela. Les générations précédentes nous ont inculqués que le rêve, par la faute de conditions économiques de plus en plus dégradées, nous était interdit. Ce livre est aussi une invitation à reconquérir le droit à l’imagination. Car sans elle, on ne peut pas se mêler des affaires de la cité, on ne peut pas imaginer autre chose que le monde qui existe déjà. Imaginer, c’est déjà reprendre le pouvoir. Se montrer « raisonnables » nous empêche de penser autrement la société, mais aussi nous-mêmes. C’est ainsi que nous sommes rendus corvéables ou désespérés. Dans cet espace étriqué, repliés encore un peu plus sur nous-mêmes, nous faisons ce que ses aînés attendent de nous : nous renonçons au génie de nous inventer et donc d’inventer l’avenir. 

Votre titre est issu des Mémoires d’outre-tombe, quelles sont vos influences littéraires ?
J’ai une grande admiration pour Chateaubriand dont j’aime infiniment la langue. J’aime particulièrement la littérature du XIXème et de la première moitié du XXe. Je trouve cette période passionnante, en France et en Europe. J’aime aussi beaucoup la "Beat Génération". Et je lis enfin beaucoup de littérature contemporaine : je suis très curieuse de mon époque, j’aime me heurter à l’image que la littérature nous renvoie de nous-mêmes.

Racontez-nous comment votre manuscrit a été repéré ?
Le manuscrit précédent que j’avais envoyé avait attiré l’attention de plusieurs éditeurs (Flammarion, Grasset, L’infini et Verticales). Ils m’avaient donné des conseils, expliqué pourquoi ils ne prenaient pas ce texte-là. Lorsque j’ai terminé Il vous faudra nous tuer, je l’ai envoyé à ces mêmes éditeurs, ainsi qu’à quelques autres, car je n’étais pas bien sûre que les premiers s’y intéresseraient. Finalement, c’est Juliette Joste qui était alors éditrice chez Flammarion, et qui quittait Flammarion à ce moment-là, qui l’a pris sous son aile. Elle m’a donné des conseils pour en retravailler certains aspects encore un peu trop bruts. Et c’est en sa qualité d’éditrice free-lance qu’elle l’a proposé à plusieurs maisons d’édition. Olivier Rubinstein et Philippe Garnier chez Denoël l’ont rappelée très vite. En une semaine, tout était décidé. On peut parvenir à publier un texte lorsque l’on ne connaît personne, mais il faut absolument persévérer. Il faut savoir que l’on ne publiera pas forcément son premier texte, mais peut-être son dixième et qu’il faut s’accrocher, travailler. À partir du moment où un éditeur repère un de vos textes, il est plus vigilant à ce que vous lui envoyez la fois suivante.

Comment vivez-vous votre première rentrée littéraire ?
Comme une succession de premières fois. On ne se représente pas tout ce qui se passe après la parution, les différentes étapes. À présent, la nouvelle étape, c’est la rencontre avec les lecteurs. Je discute avec quelques lecteurs via les mails qu’ils m’envoient ou bien sur Rue 89 sur lequel je raconte ma première rentrée littéraire. Mais les premiers salons et séances de dédicaces arrivent, et je vais pouvoir rencontrer les lecteurs en vrai. J’attends ce moment avec une grande joie.   

Trouvez-vous encore le temps d'écrire en ce moment ?
J’ai très peu de temps pour écrire en ce moment. Mais cela ne va pas durer. La rentrée va passer et tout rentrera dans l’ordre. J’ai sur le feu une pièce de théâtre qui ne me demande plus que quelques corrections et j’ai commencé l’écriture d’un nouveau roman. Mais tant que qu’un projet n’est pas achevé, il est difficile d’en parler. On ne sait jamais - et c’est ce qui est passionnant avec l’écriture - si l’on arrivera au bout de ce qu’on est en train d’écrire, si l’on ne va pas tout jeter à la corbeille, repartir sur autre chose. C’est ce qui me plait avec l’écriture : ne jamais avoir de certitudes, être sur le fil.  


Merci Natacha. 
 
 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 07:02

Monnery-Romain-1-.jpgCette semaine, à l'occasion de la rentrée littéraire, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent chaque jour un auteur publiant son premier roman. La série "Première rentrée littéraire" se poursuit aujourd'hui avec Romain Monnery. Né à Lyon en 1980, Romain a suivi des études de langues et de communication. Après avoir collectionné les stages dans les médias, il aurait dit-on trouvé le job de ses rêves à l'Argus de la presse où on le paie pour regarder la télé. Son premier roman, Libre, seul et assoupi vient de paraître aux éditions Le Diable Vauvert.

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En cette rentrée littéraire, avez-vous l’intention de lire des ouvrages de vos confrères ? Et si oui, lesquels ?
Oui, il y a tout un tas d’auteurs que j’aimerais lire à cette rentrée. Il y a d’abord Jean-Baptiste Gendarme, le sémillant rédacteur en chef de la revue Décapage, qui vient de sortir un Petit éloge des voisins dont j’attends rien de moins qu’il me réconcilie avec les miens. Sur ma liste figurent également Le Front Russe de Jean-Claude Lalumière, le Jardin d’hiver de Thierry Dancourt, Les assoiffées du (très) grand Bernard Quiriny et le Plan Social de François Marchand. Du côté des gros bonnets, j’ai hâte de découvrir la dernière cuvée de Houellebecq et le nouveau Echenoz.

Qu’est-ce que vous aimez et détestez dans un roman ?
J’aime quand un roman me parle et que les pensées des personnages résonnent en moi comme des voix off.  J’aime quand un roman fournit des réponses aux questions existentielles que je me pose (Peut-on dormir debout ? Beatles ou Rolling Stones ? Doit-on garder son peignoir pour aller faire ses courses ?) et qu’il me fait voyager dans le temps (particulièrement dans les années 80 où l’on savait si bien s’habiller et au 19e siècle). Dans ce que je déteste, en vrac, il y a les préfaces, les descriptions de paysage et les animaux qui parlent (j’ai bien réfléchi, je suis contre).


A l’heure du "travailler plus pour gagner plus", votre personnage principal, dénommé Machin, s’évertue à ne rien faire, est-ce un roman autobiographique ?
J’aimerais vous dire que je n’ai rien à voir à avec cette histoire, qu’il s’agit d’une relecture d’Oblomov, que mes manches sont retroussées jour et nuit, que le travail est mon hobby favori, tout ça ; mais bon, ça ne nous mènerait pas plus loin qu’un tissu de mensonges. Alors oui, j’avoue, ce roman est (un peu) autobiographique. Mais pas que, hein.

La publication de nouvelles dans la revue Décapage a-t-elle été un tremplin  pour trouver un éditeur ?
C’est possible, oui, mais c’est un peu réducteur de résumer cette publication à un tremplin ou un diplôme. D’un point de vue personnel, je sais juste que la collaboration à Décapage m’a énormément aidé à progresser. C’est bien simple, avant tout ça je n’écrivais que par borborygmes ou onomatopées.
 

Dans une interview vous vous êtes dit « un peu journaliste », est ce que vos expériences dans l'univers médiatique ont joué dans l’élaboration de votre roman ?
Ah, pas du tout. La seule chose que m’ait apportée le statut de (plus ou moins) journaliste dans l’élaboration de ce roman, c’est une vision très détaillée de ce que pouvait être la précarité à travers son quotidien et son absence de perspectives. Pour le coup, c’est sûr que ça m’a bien servi. 
 

Comment vivez-vous (ou appréhendez-vous) la rencontre avec le public ?
Dans le doute, je garde en permanence à portée de main des barquettes de Pépitos pour amadouer les gens. Et quand ils n’aiment pas le chocolat, je les apaise en faisant des roulades ou la danse du robot. Plus sérieusement, je dirai que sur un panel représentatif de cinq personnes la rencontre avec le public se passe plutôt bien pour l’instant (même si ça ne manque pas de m’intimider).

Avez-vous un second roman en préparation ? Et si oui, pouvez vous nous en dire quelques mots ?
Je n’ai pas encore d’idées précises mais j’aimerais écrire un roman d’héroïc fantasy avec un poulpe et des pantoufles.

Merci Romain.

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 07:00

AVT Laurence-Biava 2958[1]Cette semaine, à l'occasion de la rentrée littéraire, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent chaque jour un auteur publiant son premier roman. La série "Première rentrée littéraire" se poursuit aujourd'hui avec Laurence Biava. Maman de trois garçons, Laurence travaille dans un célèbre groupe d'assurances. Grande lectrice de classiques, elle n'en est pas moins une femme de son époque qui, de blogs en sites Internet, écrit quotidiennement depuis 15 ans. Elle collabore notamment au Buzz littéraire.  Son premier roman, Ton visage entre les ruines paraîtra le 15 septembre aux éditions In Octavio.

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Vous avez déjà écrit plusieurs manuscrits mais Ton visage entre les ruines est le premier à être publié, qu'est-ce qu'il a de plus que les autres ? Est-ce selon vous le plus abouti ?
Ton visage entre les ruines est le plus abouti en effet : le plus fini, le plus maitrisé. Celui pour lequel on m'a dit que mon style s'était affirmé et que j'avais trouvé ma voix ! Disons que désormais, on l'entend cette voix ! Cela fait plaisir, j'ai tant écrit et travaillé.

Votre roman parle d'amnésie, de maladie grave, pourquoi tant de noirceur ?

Je ne crois pas que l'on écrive pour dire que l'on est heureux mais pour exprimer un ressenti souvent souffrant, ou une interrogation existentielle, pour parler de l'époque délétère dans laquelle on évolue, ou encore de trajectoires familiales, de souvenirs mélancoliques. On le fait sous le coup d'un é
lan, presque nécessaire, rarement de gaité de coeur. Mon histoire est sombre mais pas noire. L'amnésie est un prétexte pour évoquer, sous forme de huis clos entre un patient et son médecin, tous les sujets qui me tiennent à coeur. C'est aussi, je crois, une métaphore lumineuse autour du sentiment amoureux, c'est, en tout cas, ce que j'ai voulu exprimer.

Quelles ont été vos démarches pour trouver un éditeur ?
J'avais noté les coordonnées de dix nouveaux éditeurs lors du dernier Salon du livre à Paris. Cela bouge tellement dans ce milieu ! Le choix de In Octavo tient plutôt du hasard même si je connaissais, de nom et de réputation, leur production littéraire. Je favorise désormais les petits éditeurs et non les grosses structures : quelques échecs et la crainte de ne pas avoir un éditeur "qui me tire vers le haut" demeurent principalement mes préoccupations. J'ai adressé ce roman a six éditeurs seulement : trois importants et trois indépendants, question d'équilibre. Les trois indépendants m'ont répondu et deux sur trois m'ont donné une réponse favorable ! Chez les grands éditeurs, seule Emmanuelle de Boysson s'y est intéressée de très près. Je pense qu'une réponse positive aurait pu être formulée mais j'avais déjà signé mon contrat.

Selon vous, qu'est-ce qui est primordial dans la relation auteur/éditeur ?
La relation auteur/éditeur est intéressante si on se parle, si on relit et corrige le manuscrit ensemble. L'auteur doit aussi accepter que son manuscrit "soit entre de bonnes mains", qu'il lui cède en quelque sorte un peu de lui-meme, que le titre soit choisi par l'éditeur comme c'est souvent le cas. Mais il y a toujours moyen de s'entendre, de trouver un compromis. Quand il y a la confiance, tout est possible.

Avez-vous fait lire votre manuscrit à Frédéric Beigbeder ou Nicolas Fargues dont vous êtes la webmastrice ?
Nicolas Fargues et Frédéric Beigbeder attendent mon roman, j'espère qu'ils vont l'aimer, il leur est dédié ! Et je les ai cités en épigraphe ! C'est une demarche dune auteur admiratif mais aussi d'une lectrice a part entière. Et entre nous, Evolene, mon héroine, se veut un anti-Octave au féminin : seules 3 lettres évoquent Octave en filigrane - le V, le O, le E et quelques allusions au Cercle. (Le chiffre 3 est, a mon sens, un chiffre culte beigbederien). Lisez ou relisez, vous verrez !


J'ai lu que vous étiez en train de terminer un manuscrit, pouvez-vous dans les grandes lignes nous en livrer l'intrigue ? 
Le prochain roman souhaite venger deux hommes célèbres en s'attaquant au narcissisme trouble de femmes souvent médiocres. Des femmes qui les ont conspués, fait souffrir. Ce sera le second tome de ma première trilogie consacrée au "sujet". La seconde étayera trois romans plus axés sur "l'objet". Enfin, une autre trilogerie parlera du temps et de l'espace. La plupart des romans sont prêts ! Ne manque plus que la bilatéralité, la succession d'accords et toujours la confiance !

Merci Laurence.

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 07:00

Cette semaine, à l'occasion de la rentrée littéraire, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent chaque jour un auteur publiant son premier roman. La série "Première rentrée littéraire" se poursuit aujourd'hui avec la benjamine de ce cru 2010, Carmen Bramly. A tout juste 15 ans, Carmen publie son premier roman, Pastel Fauve aux éditions JC LattèsC'est la dernière nuit de l’année. Sur l’île de Bréhat, Paloma, quatorze ans, rejoint Pierre, son ami d’enfance, pour fêter le nouvel an. Ils ne se sont pas vus depuis un an, l’adolescente s’est transformée et les rapports sont à réinventer...

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A 15 ans, comment vit-on le phénomène de la rentrée littéraire ?

Plutôt bien. Je ne m'attendais ni à avoir de la presse, ni à faire des ventes. Cette rentrée est donc une surprise sur toute la ligne.

Avez-vous un second roman en tête ou peut-être déjà en cours de préparation ?
J'ai terminé le premier jet de ce qui pourrait être un second roman. J'espère à nouveau pourvoir être publiée, même si je sais qu'on va m'attendre au tournant. Je vais devoir prouver que j'ai ma place dans le monde de la littérature. 


Merci Carmen.



Quel a été le déclic pour écrire "Pastel Fauve" ?

Plus que d''un déclic, Pastel fauve est né du besoin de me créer un autre univers, de m'inventer des amis. J'ai toujours été très solitaire. Ce livre, c'était le moyen d'avoir des amis, de goûter à la liberté, d'imaginer des sensations que je ne connaissais pas. J'ai ainsi pu vivre, par procuration, l'amour que je n'ai encore jamais ressenti, et boire autre chose que du Coca light.  


Le regard des autres a-t-il changé depuis la parution de votre roman ?
Je ne sais pas, je ne ressens aucune différence, à part quelques moqueries des amis de ma classe et de mes cousines, après m'avoir vue dans un article.
Mais entre nous, on rit toujours de la même façon. Il y a juste une fois où on m'a demandé à quoi je pensais, et quand j'ai répondu "à rien", la personne a dit "je ne crois pas", comme si je ne pouvais pas juste être en train de flotter, la tête vide.
 

Paloma et Pierre sont, comme vous, des adolescents. Cette proximité avec vos personnages vous a-t-elle posé problème ou au contraire a-t-elle été un allié ?
La proximité avec Pierre et Paloma a été un atout dans le sens où les sensations sont encore fraîche, je ressens ce qu'ils peuvent ressentir. Je ne me suis pas vraiment posé de question, leur âge est venu tout seul, comme une évidence. 


Comme votre père, Serge Bramly, voulez-vous faire de l’écriture votre métier ? Si non, quelle voie souhaitez-vous emprunter ?
Je ne sais pas si je vais continuer à écrire. J'en rêve, mais, à quinze ans, c'est dur de dire si on a trouvé sa voie ou non. J'ai encore le temps de réfléchir et, peut-être, de me trouver d'autres passions.

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 07:00

19773 103408086346328 100000314116342 81581 1473751 n[1]Cette semaine, à l'occasion de la rentrée littéraire, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent chaque jour un auteur publiant son premier roman. La série "Première rentrée littéraire" se poursuit aujourd'hui avec Bénédicte Taffin. Cette trentenaire, a travaillé pendant 10 ans dans l'informatique avant de se consacrer à sa famille. Bénédicte se dit "ch'ti d'origine, normande de coeur" mais habite aujourd'hui en région parisienne. Son premier roman, Les yeux d'Opale paraîtra le 9 septembre aux éditions Gallimard jeunesse.

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A quelques jours de la sortie de votre premier roman, comment vous sentez-vous ?

Je me sens très impatiente et très anxieuse. J'ai peur que mon roman ne déplaise, ne déçoive. Heureusement, le plaisir de pouvoir enfin discuter de mon roman avec mes lecteurs est le plus fort. J'ai hâte de partager mes personnages, mes mondes avec eux.  Dès la sortie d'Opale en librairie, le 9 septembre, je sais que je serai à l'affut du moindre commentaire laissé sur mon blog ou ailleurs, le coeur battant.

Qu’est-ce qui vous attire dans le genre SF ?
La SF a très tôt fait partie de ma vie. Je dévorais tout ce qui me tombait entre les mains. J'avais soif d'aventures, de rencontres étranges, de périples à travers les étoiles, tout simplement d'échapper au quotidien. Mais au delà de ça, j'appréciais l'étude de l'humanité qui transparaissait entre les lignes. J'apprenais à mieux connaître l'autre, à apprendre une certaine forme de tolérance. En écrivant Opale, je voulais reproduire mes lectures, parler de l'être humain, de notre monde. Le thème de la différence s'est imposé dès le début et est à la base de la création des mondes d'Opale et d'Onyx, aux civilisations diamétralement opposées, et à la naissance des chimars, ces êtres considérés comme le rebut de la société par les Opaliens. C'est ce que permet le genre SF, parler de l'homme, de notre Terre, dans des contextes éloignés de notre quotidien, dans des situations exacerbées. Pour moi, la SF est un terrain de jeux qui laisse la plus totale liberté à mon imaginaire.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Mes sources d'inspiration sont nombreuses mais essentiellement littéraires. Le monde d'Opale est issu de mes lectures "le cycle de Pern" de Anne McCaffrey, de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, de Dune de Franck Herbert et de A la poursuite des Slans de A.E. Van Vogt. Pour le monde d'Onyx, je me suis inspirée des robots d'Asimov. La vie quotidienne me fournit également bon nombre d'idées. Chaque événement peut déclencher un "Et si..." qui mène le récit en dehors des chemins qu'on avait préalablement établis. Mon époux est également une aide précieuse. Il ne manque pas d'imagination et la confrontation de nos idées débouche souvent sur de belles scènes.

En écrivant votre roman qu’est-ce qui vous a posé le plus de problème et inversement qu’est-ce qui a été le plus facile ?
C'est la structure du roman qui m'a donnée le plus de mal. Chaque chapitre se focalise sur l'un des personnages. Comme il y a deux mondes, Onyx et Opale, j'ai alterné les points de vue opaliens et onyxiens, en laissant une place prépondérante à mes héros, Angus et Héléa, dont les récits reviennent tous les 4 ou 6 chapitres. La construction de la planète Opale fut un travail de longue haleine. Je voulais créer une planète atypique où le lecteur perdrait une partie de ses repères. Ce fut difficile mais ô combien plaisant. En comparaison, l'écriture fut relativement aisée. Une fois les personnages créés, il m'a suffit de les laisser agir selon leur propre volonté. Cela a d'ailleurs généré des surprises. Des personnages qui n'étaient pas prévus au scénario se sont révélés indispensables et d'autres ont subitement disparu.

Quel est le personnage de votre roman que vous préférez et pourquoi ?
Mon préféré est Riel. Il a une place particulière dans mon coeur et, à mon sens, il a une place particulière dans le roman. C'est le personnage qui évolue le plus au cours de l'histoire. J'aime sa désinvolture, sa gaïeté, son grand coeur, mais aussi ses failles, ses craintes. C'est une question que je pose à mes lecteurs et que je compte continuer à poser. Quel est votre personnage préféré et pourquoi ? Il y a une vingtaine de personnages "principaux" dans Les yeux d'Opale et chacun peut s'attacher à l'un ou à l'autre pour une raison ou une autre. Il n'y a pas véritablement de méchant, juste des gens qui ont une façon différente d'appréhender le monde qui les entoure et des méthodes plus ou moins morales pour obtenir ce qu'ils veulent.

Dans quelles conditions écrivez-vous ?

J'écris exclusivement le jour et jamais après 19 heures, par séance de 2 à 3 heures qui sont parfois difficiles à mettre en place. J'ai besoin d'être seule, d'être calme et d'avoir la certitude que je ne serai pas interrompue dans mon élan. J'écoute souvent de la musique, en phase avec mon état d'esprit ou la scène que je suis en train d'écrire, et toujours le plus fort possible. J'écris une vingtaine de minutes, m'arrête pour surfer sur internet ou jouer à un solitaire quelconque, avant de reprendre l'écriture, les idées éclaircies.

Le second tome des Yeux d’Opale est en préparation, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Le scénario est en place mais je n'ai pas encore écrit un mot. Le découpage du livre devrait être identique à celui du premier tome. Mais l'atmosphère devrait être plus sombre. On y verra de nombreux lunsdums, une guerre, un procès, une grossesse et une quête. L'histoire me plait beaucoup et j'ai hâte de commencer son écriture.

Merci Bénédicte.

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 07:00

AVT Sophie-Di-Ricci 1107[1]Cette semaine, à l'occasion de la rentrée littéraire, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent chaque jour un auteur publiant son premier roman. La série "Première rentrée littéraire" débute aujourd'hui avec Sophie Di Ricci. Née en 1983, Sophie a grandi à Villeurbanne et réside à Lyon. Elle n’a pas fait d’études supérieures. Après avoir passé deux ans à Montréal et s'être mariée à Las Vegas elle vit aujourd’hui de petits boulots. Moi comme les chiens, édité chez Moisson Rouge, sortira le 23 septembre.

 

 

9782914833943[2]


Qu’est-ce qui vous a donné l'envie d’écrire ?

J'ai toujours voulu raconter des histoires. Avant de savoir lire et écrire, je dessinais. Pendant mon enfance, je me suis intéressée à tous les moyens narratifs : l'écriture, la bande dessinée, le cinéma, le jeu vidéo... Il s'est avéré très vite que l'écriture était le médium le plus efficace, le plus rapide et le moins coûteux. C'est aussi un des rares « arts » où aucun diplôme n'est nécessaire. On peut tout à fait apprendre en autodidacte. Et puis, écrire ne coûte pas cher. Il suffit d'un ordinateur, voire d'un papier et d'un crayon. L'auteur est seul. Il ne rencontre pas de contraintes budgétaires ou hiérarchiques. Libre à lui de retranscrire, par l'écriture, un univers qui exigerait des budgets pharaoniques au cinéma. Il tient là un avantage – une certaine liberté – mais aussi un inconvénient. Ecrire est une expédition en solitaire. L'absence de compagnons, collègues, soutiens, dans le processus de création, est parfois très pesante...

 

Pourquoi avoir choisi le genre du roman noir ?

Avant qu'un éditeur ne me le dise, je ne savais absolument pas quel genre j'écrivais. Je connaissais assez mal cette littérature. Aujourd'hui encore, je suis loin d'être une spécialiste du noir. Je n'en lis pas énormément, j'évite les intrigues à enquête, je crains les scènes de violence et de meurtre. Elles m'impressionnent plus qu'au cinéma. Quand j'ai passé la journée à rédiger une exécution sommaire, je n'ai pas très envie de retrouver ça le soir, quand je lis au plumard. En vérité, plus qu'un choix, le roman noir s'est imposé à moi. Je voulais écrire des histoires avec de la violence, des armes, des règlements de comptes. J'aime les films de yakuzas, j'aime beaucoup aussi les Scorsese noirs, et les westerns. Jusqu'à présent, je n'avais jamais lu de livres où l'on retrouvait tout ce qui me fascinait dans ces films. Je voulais raconter ce genre d'histoire à travers des personnages de mon âge, de ma génération. Pour être sincère, je ne suis pas très innovante, je me contente de transposer.

 

Dans Moi comme les chiens, les protagonistes sont des hommes, est-ce un choix délibéré ?

Délibéré, oui, dans le sens où je ne prends pas de plaisir, pour l'instant, à développer des personnages féminins. Moi comme les chiens comporte quand même deux ou trois nanas, mais, il est vrai, cantonnées à des « rôles » secondaires. J'ai toujours voulu être un homme, j'apprécie leur compagnie. Les personnages masculins me permettent de pouvoir me travestir comme je l'entends. Si je ne peux pas me transformer quand j'écris, je m'ennuie.

 

Dans quelle mesure vous êtes-vous inspirée de votre vie ?

Les thèmes que j'aborde sont relativement universels, à mon avis. Le thème du roman que l'on retient est la prostitution (masculine). Voire la drogue. Je pense cependant que tout un chacun peut s'y reconnaître. Qui n'a pas expérimenté ce qu'est l'exploitation de l'homme par l'homme, ou la domination du plus fort, du plus riche ? La prostitution et la drogue s'en distinguent simplement par leur mécanisme patent : l'exploitation de l'être humain y est mise à nu. Il n'y a pas d'atours, ni de déguisement. En quelque sorte, c'est le brutal retour du refoulé. De même pour la question de l'adolescence, du passage à l'âge adulte, que transporte le personnage d'Alan, un tout jeune homme de vingt ans. Ce pourrait être mon histoire comme celle de n'importe qui. La volonté d'intégration du sujet dans la Cité est un parcours ordinaire. Même si le parcours de mon personnage est difficile.

 

« Moi comme les chiens, j’éprouve le besoin de l’infini » est une citation du Comte de Lautréamont, quels sont les auteurs qui vous ont influencée ?

Lautréamont n'en fait pas forcément partie ! Je crois qu'un auteur est influencé par toutes ses lectures, depuis l'entrefilet du journal gratuit qu'on lit dans le métro, jusqu'au grand choc littéraire qu'on se prend en pleine gueule. Après, il est très difficile de savoir où, quand, comment, ces choses ont trouvé leur répercussion dans ce qu'on écrit. Dans un récent entretien (pour le site Babelio), on m'a demandé quels étaient les livres qui m'avaient donné envie d'écrire. J'ai cité les histoires que ma mère me lisait, dans ma petite enfance. J'avais oublié les albums d'Ernest et Célestine, qui me sont tout à coup revenus. J'en ai alors relu, et, pour ma part en tout cas, je retrouve beaucoup de thèmes présents dans Moi comme les chiens. Ces bouquins m'ont positivement traumatisée. Alors, oui, Moi comme les chiens fait un album d'Ernest et Célestine un peu trash...

Pour les influences dont je suis consciente, ce sont surtout des films. Quand je me lance dans un projet, je préfère penser « tel film était génial, je vais écrire un truc dans la lignée, car je n'ai jamais vu ça dans un bouquin ». Je me sens plus libre. J'ai moins le sentiment de plagier.

 

Dans quelles conditions écrivez-vous ?

J'écris le jour, puisque, étant salariée, je dois me lever tôt le matin ! Et le soir, je suis bien trop fatiguée. L'idéal est d'écrire le matin, à partir de huit heures. Mon esprit est frais, vierge, dispos. La durée de mes séances de travail est très variable. Cela peut prendre deux heures comme cinq ou six heures. Je n'écoute jamais de musique quand j'écris. Le bruit de la rue, des voitures, ne me dérange pas. Mon appartement est petit, et mon « bureau » se trouve dans le salon. J'y suis très bien. Je fume beaucoup. Les seules choses dont j'ai besoin pour écrire, c'est du calme, une bonne nuit de sommeil, mon ordinateur et mes cigarettes. Je suis incapable d'écrire sur du papier. Tous ceux qui frappent au kilomètre comprendront aisément !

 

Avez-vous un autre roman en préparation ? Et si oui, pouvez-vous nous en dire plus ?

Je travaille actuellement sur un nouveau texte. Quant à dire si cela aboutira à un roman, je n'en sais rien. Les faux départs, ça existe, malheureusement. Par superstition, je ne parle à personne de mes travaux en cours, pas même à mon mari...

Merci Sophie.

Photos DR

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