Partager l'article ! Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan: « J’écris Lucile avec mes yeux d’enfant grandie trop vite, j’écris ce mys ...

« J’écris Lucile avec mes yeux d’enfant grandie trop vite, j’écris ce mystère qu’elle a toujours été pour moi, à la fois si présente et si lointaine, elle qui, lorsque j’ai eu dix ans, ne
m’a plus jamais prise dans ses bras. »
Avec Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan livre un récit à fleur de peau où l’amour et la douleur marquent
une histoire familiale sidérante. Une incroyable ascendance, à laquelle s’ajoute le combat mené par l’auteur pour dresser le portrait de sa mère. Delphine de Vigan ne cache rien de ses doutes, de
ses angoisses. Comment trouver les mots justes, le ton adéquat pour décrire cette femme magnifique et mystérieuse qui préféra finalement la mort à la vie ? Comment trouver la force de
surpasser le déni, d’exhumer les secrets enfouis ? Delphine de Vigan essaie de comprendre et livre ici non pas la vérité mais sa vérité.
Lucile souffrait de bipolarité. Rien ne s’oppose à la nuit décrit la violence de ce mal aussi soudain qu’éreintant. Cette
dernière se souvient du jour où sa vie changea du tout au tout.
« Ce jour ma vie a basculé de manière irréversible. Je prends des vessies pour des lanternes, les enfants du bon dieu pour des
canards sauvages. Je ne fais plus la part du réel et de l’imaginaire. Je vais passer quarante-huit heures d’enfer avant d’arriver à l’hôpital psychiatrique pendant lesquelles je vais me déplacer,
parler, agir, outrepasser sans désemparer. C’est du temps qui va aller très loin et me coûter très cher. C’est du temps irrémédiable. »
Moment de lucidité d’une femme qui, après maintes rémissions et autant de rechutes, fut atteinte d’un cancer, l’épreuve de
trop. Lucile se suicida quelques semaines après la mort de sa propre mère. Elle avait 61 ans. Témoignage poignant d'une vie bouleversante, Rien ne s'oppose à la nuit
est aussi une déclaration d'amour, tout en retenue, d'une fille à sa mère.
Photo DR
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