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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 06:47

Photo : Sandrine Roudeix

 

De temps en temps, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent un auteur qui évoque cette période, un peu hors du temps, entre deux romans. Après Annie Degroote et Patrick J. Lambert, Emilie de Turckheim a accepté l’invitation. Née en 1980, Emilie de Turckheim se lance très tôt dans l'écriture. Son premier roman, Les Amants terrestres est publié en 2005 suivi de Chute Libre en 2007. Ses visites à la prison de Fresnes, où elle rencontre des détenus, lui inspire Les Pendus en 2008. Enfin, son dernier livre Le Joli Mois de mai est sorti cet été.

Le Joli Mois de mai est sorti en août, entre sa promotion, les rencontres avec le public, avez-vous trouvé le temps de commencer un nouveau roman ?
J’ai la sensation que l’écriture a tout le temps lieu. Les moments d’écriture physique, ceux où l’on se plante devant un écran d’ordinateur, les doigts happés par le clavier, ne sont qu’une phase de l’écriture. Il existe d’autres moments pendant lesquels s’accumulent de façon impalpable des bribes de dialogues, des voix, des décors, des visages de personnages. C’est ce qui se produit depuis la sortie du Joli Moi de mai : un nouveau roman se rue à la porte de mon imagination, mais je le laisse un peu s’épaissir et piétiner, je n’écris pas une ligne, j’attends d’être disponible pour lui. 

 

Dans ce cas, pouvez vous nous dire quelques mots de votre prochain livre ?

Ce sera l’histoire d’un « modèle vivant », une femme qui gagne sa vie en posant nue pour des peintres. J’aimerais décrire ce qui se passe intimement quand on pose nue pour la première fois, pour la centième fois : ce que ressent le corps, le froid, le chaud, l’excitation, la gêne et l’impudeur, le plaisir et l’inconfort, comment bat le cœur, quelle timidité nous prend, quelle forme d’érotisme silencieux et intense façonne les rapports entre un peintre et son modèle, combien la lenteur des poses dilue les heures – et combien cette lenteur est précieuse dans une époque si rapide et bavarde.

 

Avez-vous déjà connu des périodes « d’entre-deux » où vous n’écriviez plus une seule ligne ?

Non, depuis que j’ai appris à écrire, j’ai toujours écrit des histoires. Et même avant d’ailleurs ! Je me revois à l’âge de quatre ans dans mon lit blanc à barreaux : j’imaginais une histoire que je poursuivais dans ma tête chaque soir ; c’était souvent les aventures d’une petite fille Inca kidnappée par un conquistador espagnol (Librement inspiré du dessin animé les « Mystérieuses cités d’or » qui passait sur Antenne 2 !)

 

Comment vivez-vous les premiers jours qui suivent la remise d’un manuscrit ?

Je n’y pense pas. A partir du moment où je rends un manuscrit, je me détache de lui, j’éprouve un mélange de soulagement et de nostalgie, mais je ne suis pas anxieuse.   

 

Enfin sur le long terme, comment employez-vous ce temps entre deux romans ? Etes-vous plutôt du genre à vous reposer ou à tenter de rattraper le temps passé à écrire ?

Je n’ai jamais vraiment de « temps entre deux romans » : je suis toujours en train d’écrire ou de corriger quelque chose que j’ai écrit, ou de penser à l’écriture à venir. Chez moi, l’écriture est comme le sommeil : quotidienne, nécessaire et presque sans conscience, oscillant entre le cauchemar et le rêve délicieux.  

Merci Emilie.

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Published by Mademoiselle - dans Entre deux romans
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