Vous dans 1 an, 10 ans, 100 ans

Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 06:54



Après
Cypora Petitjean-Cerf, Sophie Adriansen, Ariane Charton et Grégoire Delacourt, Sybille de Bollardière se projette dans l’avenir mettant ainsi un point final à cette série.

Entre Paris et le Perche le coeur
de Sybille de Bollardière balance. Consultante indépendante,  mère de quatre enfants, femme de lettres, peintre à ses heures, voyageuse et inclassable, Sybille a publié un recueil de poèmes Alizarine, en 1981, aux éditions de la Coïncidence et un roman, Le défaut des origines, en 2004, chez Ramsay.  Son dernier livre, Une femme d'argile, est paru en 2011 chez L'Editeur.  

Les mois ont passé, nous sommes le 10 décembre 2012, qu’espérez-vous avoir accompli d’ici là ?
J’espère voir la publication de mon troisième roman que je viens de terminer et poursuivre mon projet de roman graphique. Chaque livre est un voyage, un nouveau territoire à délimiter avant de laisser les personnages évoluer. L'année 2012 s’annonce bien, puisque dès le mois de février, je pars pour un mois en Inde. Un mois d’images et de notes et peut-être un jour le décor d’une histoire à écrire.

Une décennie s’est écoulée. Vous écrivez toujours ou vous avez renoncé. Inévitablement, vous avez dû faire des choix, quels sont-ils, et où sont désormais vos priorités ?
Difficile de m’imaginer sans l’écriture… Si je peux me passer de mon ordinateur, jamais de mon carnet qui me suit partout. Alors d’ici dix ans, un, deux ou trois livres… Quelle part la fiction, le roman occuperont-ils dans mon travail ? Je n’en sais rien, il me semble qu’avec l’expérience, j’aurais envie d’aborder de nouveaux genres : biographies, essais, BD... Et puis, si j’écris toujours des poèmes, il y a longtemps que je n’ai pas publié de recueil et j’espère bien rassembler quelques textes prochainement.

Un siècle après, l’heure est à la postérité. En quels termes voudriez-vous qu’on se souvienne de vous ?
Bien sûr je peux imaginer qu’un jour, en 2112, on retrouvera dans une version futuriste d’un vide grenier sur Mars un de mes romans, un inédit et que je bénéficierais d’une nouvelle vie, aussi inattendue qu’éphémère dans une époque qui n’accordera qu’un intérêt limité à ce que nous écrivons aujourd’hui… Mais curieusement, ce n’est pas un livre ou une œuvre que j’aimerais laisser, mais tout simplement un itinéraire, la trace d’une vie, celle d’une femme dans laquelle la part écrite jouera le rôle témoin. J’aime bien l’idée d’être « la passagère » d’une époque, d’un pays, d’un voyage.

Photo : DR

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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 07:57

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Après Cypora Petitjean-Cerf, Sophie Adriansen et Ariane Charton, cette semaine Grégoire Delacourt se projette à son tour dans l’avenir.

Publicitaire reconnu, on lui doit le « Vous n'aviez jamais mangé de camembert » pour Cœur de Lion, Grégoire Delacourt est aussi l’auteur d’un premier roman très remarqué. L’écrivain de la famille, publié aux éditions J.-C. Lattès en janvier dernier a reçu une avalanche de  prix (Prix Marcel Pagnol, Prix Rive Gauche à Paris, Prix Cœur de France, Prix Carrefour du premier roman) dont l’auteur fut le premier surpris.

Les mois ont passé, nous sommes le 3 décembre 2012, qu’espérez-vous avoir accompli d’ici là ?
Réparé la chasse d’eau du premier. Changé de lunettes. Continué à faire rire « la fille assise sur la voiture » (Cf. L’écrivain de la famille). Avoir lu un Houellebecq. Réussi mon deuxième livre, avoir commencé le troisième. Ne plus haïr le monde à chaque fois qu’une gamine sert de défouloir à un type. Et pour fêter tout ça, aller voir « Frankenweenie » de Tim Burton qui sera sorti en salle depuis quelques jours.

Une décennie s’est écoulée. Vous écrivez toujours ou vous avez renoncé. Inévitablement, vous avez dû faire des choix, quels sont-ils, et où sont désormais vos priorités ?
Si j’ai arrêté d’écrire, j’espère que c’est pour une bonne raison et que j’en suis profondément heureux. Si j’ai continué, j’espère le faire pour une bonne raison : ressentir et partager un incroyable plaisir. Mais comme il n’y a pas que l’écriture, j’espère que j’aurais trouvé du temps pour aider les gamines évoquées ci-dessus. Appris au stress à se passer de moi. Et avoir fait un potager.

Un siècle après, l’heure est à la postérité. En quels termes voudriez-vous qu’on se souvienne de vous ?
De qui ?

Lire aussi :  http://les-petits-papiers-de-mademoiselle.over-blog.com/article-le-prix-rive-gauche-a-paris-revient-a-gregoire-delacourt-78462890.html



Photo : David Ignaciewski

 

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Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 07:07



Après Cypora Petitjean-Cerf et Sophie Adriansen, cette semaine Ariane Charton se projette à son tour dans l’avenir.


Spécialiste du romantisme, Ariane Charton est l'auteur d’une anthologie Cher Papa, les écrivains parlent du père, publiée aux éditions Lattès ; d’un album Goncourt, cent ans de littérature, édité aux éditions Viénot. Son premier roman, Le roman d’Hortense, est paru en 2009 aux éditions Albin Michel presque en même temps que Lettres pour lire au lit, la correspondance amoureuse de Marie d’Orval et Vigny, au Mercure de France. En 2011, elle a publié Marie d’Agoult, une sublime amoureuse, aux éditions Kirographaires. Ariane Charton a également écrit une biographie d’Alfred de Musset chez Gallimard, une seconde sur Claude Debussy est actuellement en préparation.

Les mois ont passé, nous sommes le 26 novembre 2012, qu’espérez-vous avoir accompli d’ici là ?
Ma biographie de Debussy aura paru quelques mois auparavant, j'espère qu'elle vivra en librairie avec quelque succès. J'espère surtout dans un an avoir réussi à prendre des décisions importantes pour ma vie personnelle, décisions loin de la littérature mais qui me permettront peut-être d'y revenir un jour. J'espère aussi avoir lu quelques très beaux livres dont je n'imagine pas encore l'existence et toujours animer avec Lauren Malka quelques Mercredis littéraires passionnants, un rendez-vous tellement couru qu'on manquera de chaises dans la salle !


Une décennie s’est écoulée. Vous écrivez toujours ou vous avez renoncé. Inévitablement, vous avez dû faire des choix, quels sont-ils, et où sont désormais vos priorités ?
Je voudrais avoir écrit un livre pour mon enfant, si j’en ai un, ce qui n'est évidemment pas certain. Un livre pour la jeunesse ou bien un livre qui aurait trait à la maternité ou encore que j'aurais écrit en pensant à mon enfant, pour lui transmettre un message. Dédier un livre à quelqu'un, ce n'est pas seulement écrire quelques mots en exergue mais lui parler secrètement, sans savoir s'il vous devinera ou vous comprendra.
J'aimerais peut-être avoir rédigé un petit livre sur Astolphe de Custine qui est un écrivain romantique mineur, certes, mais aussi une âme généreuse et délicate. Il mérite un hommage. Et peut-être avoir publié ma biographie de Roger de Beauvoir qui reste à l'état de document word, migrant à chaque fois que je change d'ordinateur.

Un siècle après, l’heure est à la postérité. En quels termes voudriez-vous qu’on se souvienne de vous ?
Je ne sais pas si j'aurais publié d'autres livres d'ici ma mort. Mais, en me bornant à mes livres existants, j'espère qu'ils seront lus par quelques passionné(e)s de l'époque romantique. Que ma modeste réflexion et mes recherches enrichiront ces lecteurs, qu'ils seront heureux d'y apprendre des choses qu'ils ne connaissaient pas. Apporter la même joie intellectuelle que celle qui a été la mienne en lisant les ouvrages ou les éditions annotées de spécialistes comme Georges Lubin pour George Sand, Jean et Alain Bonnerot pour la correspondance de Saint-Beuve, Roger Pierrot pour Balzac, Victor del Litto pour Stendhal, Paul Benichou pour sa somme Les Mages romantiques, etc. Leur travail de moine est remarquable et toujours porté par l'enthousiasme. Sans les égaler, je voudrais que mon nom reste attaché au romantisme français.

Photo : DR

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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 08:15



Cinq auteurs ont accepté de se projeter dans l’avenir. Exercice difficile auquel ils se sont pliés avec sincérité. Après Cypora Petitjean-Cerf, cette semaine Sophie Adriansen répond à mes questions.

Sophie Adriansen est l'auteur de Je vous emmène au bout de la ligne, le témoignage d'un conducteur de métro, publié en 2010 aux éditions Max Milo. Elle est aussi auteur d'une nouvelle dans le recueil Six façons de le dire aux côtés de David Foenkinos, Mercedes Deambrosis, Christophe Ferré, Nicolas D’Estienne D’Orves et Yasmina Khadra, paru aux éditions du Moteur.
 
Les mois ont passé, nous sommes le 19 novembre 2012, qu’espérez-vous avoir accompli d’ici là ?
Douze mois d’écriture, c’est long, douze mois d’édition, c’est court. J’espère, d’ici un an, avoir donné une orientation tranchée à une matière que j’accumule depuis plusieurs mois sur un sujet délicat, et en avoir fait un roman - ou, du moins, en avoir jeté les bases -, la difficulté étant que je suis la seule à pouvoir peux m’y décider. J’espère également avoir finalisé plusieurs autres projets en cours (je trouve toujours plus simple de démarrer un projet que d’y mettre un terme). J’aimerais enfin que l’année à venir voit la publication de mon premier roman, en particulier parce qu’il évoque des évènements qui résonneront étrangement en 2012.

Une décennie s’est écoulée. Vous écrivez toujours ou vous avez renoncé. Inévitablement, vous avez dû faire des choix, quels sont-ils, et où sont désormais vos priorités ?
Renoncer à écrire n’est pas envisageable une seule seconde, indépendamment de tous les paramètres qui suivent l’écriture (publication, accueil, etc.). Ecrire et être édité sont deux objectifs distincts et, si le second ne peut se passer du premier, c’est bien le premier qui est mon moteur. Je passe le plus clair de mon temps à écrire, bien que les matières, les longueurs, les finalités soient variées. D’ici dix ans, j’espère avoir centré ces activités autour de quelques grands axes, et pouvoir sereinement envisager l’écriture du prochain roman lorsque je mets le point final à celui en cours. Mais cela me semble extrêmement loin… et je sais que planifier les choses reste le meilleur moyen pour qu’elles se passent autrement.

Un siècle après, l’heure est à la postérité. En quels termes voudriez-vous qu’on se souvienne de vous ?
Laisser une trace n’a jamais été chez moi un désir ni un but. J’espère écrire des textes ancrés dans leur époque, j’en ai du moins la sensation en le faisant, aussi, le fait qu’ils soient reçus comme tels suffit à ma satisfaction. Mon meilleur salaire provient des retours de lecteurs, j’écris pour le présent… Mais évidemment, je serais ravie de provoquer chez des lecteurs les émotions en tous genres que j’ai ressenties et que je ressens encore au quotidien en tant que lectrice, et fière que cela me survive…

Sur cet auteur, lire aussi : Entre deux romans


Photo : DR

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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 06:50

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Photo : Francesca Mantovani

 

Pour cette nouvelle série, qui paraîtra chaque samedi, cinq auteurs ont accepté de se projeter dans l’avenir. Exercice difficile auquel ils se sont pliés avec sincérité.

 

Cypora Petitjean-Cerf a publié en 2005 L’école de la dernière chance, le récit d'un an en classe-relais, elle est aussi l’auteur de trois romans, Le musée de la Sirène, Le corps de Liane et Le Film, tous parus chez Stock.

 

Les mois ont passé, nous sommes le 12 novembre 2012, qu’espérez-vous avoir accompli d’ici là ?

Le 12 novembre 2012, j'espère avoir quitté l'enseignement pour me consacrer à l'écriture. J'espère avoir osé prendre ce risque-là. J'espère avoir eu un second enfant de chair. J'espère également "attendre" un cinquième enfant de papier. A l'usage, on finit par se rendre compte que la création littéraire et la maternité sont à la fois similaires et concurrentes.

Une décennie s’est écoulée. Inévitablement, vous avez dû faire des choix, quels sont-ils, et où sont désormais vos priorités ?

Dans dix ans, j'espère jouir d'une totale liberté de création. Comprendre : j'espère gagner ma vie avec mes livres. Vivre pour écrire et écrire pour vivre. Devenir riche n'est pas un objectif qui m'intéresse. Devenir suffisamment riche pour ne faire qu'écrire, si. Je me vois abandonner mes enfants devant leur école avec une joie coupable et rentrer à la maison ventre à terre pour continuer le livre en cours.

Un siècle après, l’heure est à la postérité. En quels termes voudriez-vous qu’on se souvienne de vous ?

Avant, je pensais que la littérature me sauverait de la mort. Et bien évidemment, je me suis rendu compte que c'était une illusion. Rien ni personne ne peut nous sauver de la mort. La postérité n'empêche ni la disparition du corps, ni celle de la conscience. Le souvenir que je laisserai n'a donc pas grande importance. Mais à choisir, j'aimerais que les générations suivantes continuent à lire et à aimer mes livres parce que ces livres parlent de l'Humain en général et de la femme en particulier.

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