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Cinq auteurs ont accepté de se projeter dans l’avenir. Exercice difficile auquel ils se sont pliés avec sincérité. Après Cypora Petitjean-Cerf, cette semaine Sophie Adriansen
répond à mes questions.
Sophie Adriansen est l'auteur de Je vous emmène au bout de la
ligne, le témoignage d'un conducteur de métro, publié en 2010 aux éditions Max Milo. Elle est aussi auteur d'une nouvelle dans le recueil Six façons de le dire aux côtés de
David Foenkinos, Mercedes Deambrosis, Christophe Ferré,
Nicolas D’Estienne D’Orves et Yasmina Khadra, paru aux éditions du Moteur.
Les mois ont passé, nous sommes le 19 novembre 2012, qu’espérez-vous avoir accompli d’ici là
?
Douze mois d’écriture,
c’est long, douze mois d’édition, c’est court. J’espère, d’ici un an, avoir donné une orientation tranchée à une matière que j’accumule depuis plusieurs mois sur un sujet délicat, et en avoir
fait un roman - ou, du moins, en avoir jeté les bases -, la difficulté étant que je suis la seule à pouvoir peux m’y décider. J’espère également avoir finalisé plusieurs autres projets en cours
(je trouve toujours plus simple de démarrer un projet que d’y mettre un terme). J’aimerais enfin que l’année à venir voit la publication de mon premier roman, en particulier parce qu’il évoque
des évènements qui résonneront étrangement en 2012.
Une décennie s’est écoulée. Vous écrivez toujours ou vous avez renoncé. Inévitablement, vous
avez dû faire des choix, quels sont-ils, et où sont désormais vos priorités ?
Renoncer à écrire n’est pas envisageable une seule seconde, indépendamment de tous les paramètres
qui suivent l’écriture (publication, accueil, etc.). Ecrire et être édité sont deux objectifs distincts et, si le second ne peut se passer du premier, c’est bien le premier qui est mon moteur. Je
passe le plus clair de mon temps à écrire, bien que les matières, les longueurs, les finalités soient variées. D’ici dix ans, j’espère avoir centré ces activités autour de quelques grands axes,
et pouvoir sereinement envisager l’écriture du prochain roman lorsque je mets le point final à celui en cours. Mais cela me semble extrêmement loin… et je sais que planifier les choses reste le
meilleur moyen pour qu’elles se passent autrement.
Un siècle après, l’heure est à la postérité. En quels termes voudriez-vous qu’on se souvienne de vous
?
Laisser une trace n’a jamais été chez moi un désir ni un but. J’espère écrire des textes
ancrés dans leur époque, j’en ai du moins la sensation en le faisant, aussi, le fait qu’ils soient reçus comme tels suffit à ma satisfaction. Mon meilleur salaire provient des retours de
lecteurs, j’écris pour le présent… Mais évidemment, je serais ravie de provoquer chez des lecteurs les émotions en tous genres que j’ai ressenties et que je ressens encore au quotidien en tant
que lectrice, et fière que cela me survive…
Sur cet auteur, lire aussi : Entre deux romans
Photo : DR
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