Partager l'article ! Vous dans 1 an, 10 ans, 100 ans # 1 - Cypora Petitjean-Cerf: Photo : Francesca Mantovani Pour cette n ...
Photo : Francesca Mantovani
Pour cette nouvelle série, qui paraîtra chaque samedi, cinq auteurs ont accepté de se projeter dans l’avenir. Exercice difficile auquel ils se sont pliés avec sincérité.
Cypora Petitjean-Cerf a publié en 2005 L’école de la dernière chance, le récit d'un an en classe-relais, elle est aussi l’auteur de trois romans, Le musée de la Sirène, Le corps de Liane et Le Film, tous parus chez Stock.
Les mois ont passé, nous sommes le 12 novembre 2012, qu’espérez-vous avoir accompli d’ici là ?
Le 12 novembre 2012, j'espère avoir quitté l'enseignement pour me consacrer à l'écriture. J'espère avoir osé prendre ce
risque-là. J'espère avoir eu un second enfant de chair. J'espère également "attendre" un cinquième enfant de papier. A l'usage, on finit par se rendre compte que la création littéraire et la
maternité sont à la fois similaires et concurrentes.
Une décennie s’est écoulée. Inévitablement, vous avez dû faire des choix, quels sont-ils, et où sont
désormais vos priorités ?
Dans dix ans, j'espère jouir d'une totale liberté de création. Comprendre : j'espère gagner ma vie avec mes livres. Vivre pour
écrire et écrire pour vivre. Devenir riche n'est pas un objectif qui m'intéresse. Devenir suffisamment riche pour ne faire qu'écrire, si. Je me vois abandonner mes enfants devant leur école avec
une joie coupable et rentrer à la maison ventre à terre pour continuer le livre en cours.
Un siècle après, l’heure est à la postérité. En quels termes voudriez-vous qu’on se souvienne de vous
?
Avant, je pensais que la littérature me sauverait de la mort. Et bien évidemment, je me suis rendu compte que c'était une illusion. Rien ni personne ne peut nous sauver de la mort. La postérité n'empêche ni la disparition du corps, ni celle de la conscience. Le souvenir que je laisserai n'a donc pas grande importance. Mais à choisir, j'aimerais que les générations suivantes continuent à lire et à aimer mes livres parce que ces livres parlent de l'Humain en général et de la femme en particulier.
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