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Avec Marie d’Agoult, une sublime amoureuse, Ariane Charton livre une biographie tout en finesse de celle qui fut, pendant 10 ans, la maîtresse de Franz Liszt à qui elle donna trois enfants. Marie d’Agoult, née de Flavigny au début du XIXe siècle, est également connue sous le pseudonyme de Daniel Stern, son nom de plume. Issue de l’aristocratie, mariée et mère de deux enfants, Marie d’Agoult choisit de tout quitter pour vivre sa passion au grand jour avec Franz Liszt, un homme de 6 ans son cadet. On imagine la force de ses sentiments et plus encore celle qu’il lui fallut pour s’affranchir des codes en vigueur dans la bonne société de l’époque. Car si Marie d’Agoult, redouta toujours les « qu’en dira-t-on », elle assuma toujours ses choix pour la simple et la meilleure raison qui soit : Franz Liszt était l’amour de sa vie.
Amoureuse passionnée mais clairvoyante, parfois dépressive, souvent tourmentée, Marie d’Agoult fut aussi une femme de lettres, indépendante et éclairée. Après avoir étudié la correspondance des deux amants, soit 561 billets et lettres, Ariane Charton rend à Marie d’Agoult sa place de figure majeure du romantisme. Quoi de plus normal, Marie d’Agoult fréquenta les plus grands, de George Sand à Eugène Sue en passant par Sainte-Beuve ou, l’influent patron de La Presse, Emile de Girardin… Elle troubla bien des hommes, brilla dans les cercles intellectuels, elle fut plus d'une fois sur le devant de la scène avant d'être injustement oubliée. Bien plus qu’une biographie Marie d’Agoult, une sublime amoureuse dépeint une époque avec ses élites, ses conventions, ses luttes d’amitiés et de pouvoirs. Un livre passionnant et accessible au lecteur éclairé comme à l’autodidacte.
Marie d'Agoult, une sublime amoureuse, Ariane Charton, éd. Kirographaires, 18,95 €.
Extraits :
« Aimer Liszt a permis à Marie d’Agoult de révéler une part de sa personnalité, lui a permis d’exister pleinement et de
rompre avec son ennui de femme mal mariée. Mais l’amour en l’éblouissant révéla plus profondément encore sa fêlure intérieure. Son âme était le terrain perpétuel d’un combat entre son caractère
fort et passionné, son intelligence vive et sa nature fragile qui lui fait voir la vie comme un supplice pesant et inutile. »
« Marie d’Agoult et George Sand ont, dès le début, voulu se séduire et ont vécu pendant un temps leur amitié sur un mode
passionnel, ce qui n’est pas la meilleure base pour une franche et durable affection. Si à Chamonix Marie d’Agoult a peur d’avoir déplu à Sand c’est bien parce qu’elle attend beaucoup de cette
relation que Liszt, déjà ami de Sand, appelait de ses vœux. Marie d’Agoult désire l’affection de Sand autant par fascination pour l’auteur d’Indiana que pour plaire à son amant et trouver en Sand
une amie à qui elle puisse se confier. »
« Elle signa d’abord du mot « l’inconnu » avant de se décider à prendre le pseudonyme de Daniel Stern. Le choix d’un
prénom masculin n’était bien sûr pas un hasard. La comtesse voulait marcher sur les traces de George Sand avec laquelle elle avait fait la paix sans pour autant renouer avec leur vive et brève
amitié. Elle avait pris le nom de son fils parce qu’elle aimait l’histoire biblique de Daniel lisant dans les songes. »
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