Partager l'article ! Marcel "Storr, architecte de l'ailleurs" ou la vie d'un peintre cantonnier: Sortir les génies de l’oubli devient une habitude chez Franç ...
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Sortir les génies de l’oubli devient une habitude chez Françoise Cloraec. Après Séraphine de Senlis, la psychanalyste revient avec l’histoire de Marcel Storr, un peintre cantonnier. Dans
Storr, Architecte de l’ailleurs, on découvre un dessinateur hors pair. Né en 1911, Marcel Storr est abandonné par sa mère et confié à l’Assistance
publique. Envoyé près de Montauban, il est balloté de famille d’accueil en famille d’accueil. « Marcel a manqué de tout. De ce qui se voit, et de ce qui ne se voit pas mais s’éprouve. Pas de
regards tendres, de mots attentionnés, de gestes doux. L’exil est au fond de lui, pour toujours. » Enfant maladif, atteint de surdité, le petit garçon se réfugie dans le dessin.
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Les années passent, la passion reste
intacte. Cantonnier le jour, peintre la nuit et pendant son temps libre, Marcel Storr construit sur le papier des cités à couper le souffle. « Nous croyons découvrir l’architecture maure,
germanique, du Cambodge ou d’Asie. Les styles et les non-styles nous égarent. Ses églises ressemblent à des cathédrales anglicanes, à des palais russes, des temples orientaux », écrit
Françoise Cloarec.
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La psychanalyste relate, à la fin de
l’ouvrage, comment elle a découvert l’œuvre de Marcel Storr. Après avoir lu Séraphine, un couple de Parisiens, les Kempf, la contacte. Ils lui
parlent d’un certain Marcel Storr dont ils conservent précieusement, presque religieusement, les dessins. D’abord réticente, Françoise Cloarec, se rend finalement chez eux. « Je ne voulais
pas me spécialiser dans le peintre autodidacte », assure-t-elle. Pourtant, devant l’œuvre de Marcel Storr, elle rend les armes. C’est ainsi que
Storr, architecte de l’ailleurs a pu voir le jour, non sans effort, tant les zones d’ombres étaient nombreuses. Dans ce livre, on découvre notamment
l’effroyable univers de l’Assistance publique au début du XXe siècle. Au fil des pages, le talent de Marcel Storr s’impose et, en nous, le regret s’installe. Quel dommage, en effet, que cet homme
ait toujours refusé de montrer ses dessins en dehors d’un cercle, extrêmement restreint, de privilégiés…
Pour lire les premières pages de Storr, architecte de l’ailleurs.
Merci aux éditions Phébus pour cette découverte et tout particulièrement à Denis du groupe Libella.
Photos DR
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