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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 08:00

J'ai toujours voulu pénétrer dans les archives du Vatican. Donc, inutile de vous dire que quand j'ai lu les premières lignes de ce livre,  qui était le seul dans le rayon, j'ai immédiatement fait un sprint jusqu'à la caisse pour l'acheter... Bonne lecture.
Mademoiselle

"Mgr Colin Michener entendit à nouveau le bruit et referma son livre. Aucun doute, il y avait quelqu'un d'autre que lui.
Ce n'était pas la première fois.
Il se décala de son pupitre, balaya du regard la vaste bibliothèque dont les haut rayonnages atteignaient le plafond. D'autres étagères se dressaient dans les étroits couloirs qui partaient de chaque côté. La grande pièce avait une aura, une mystique qu'elle devait pour beaucoup à son nom : L'Archivio Segreto Vaticano. Les Archives secrètes du Vatican.
Les volumes rangés là contenaient finalement peu de secrets, et Michener avait toujours trouvé ce nom étrange. Pour l'essentiel, ces fonds représentaient deux millénaires d'expansion religieuse, méticuleusement décrite. Ils témoignaient d'autres époques où les papes étaient aussi des rois, des guerriers, des politiciens, des amants. Tout compris, il y avait là quarante kilomètres d'étagères, riches de nombreux enseignements pour qui savait chercher.
Et Michener n'était pas n'importe quel chercheur. Reportant son attention sur le bruit, il laissa son regard errer le long des fresques de Constantin, de Pépinet de Frédéric II, pour s'arrêter au fond de la pièce sur une grille en fer derrièère laquelle régnait le silance et l'obscurité. On ne pénétrait dans la Riserva que sur autorisation personnelle du pape, et seul l'archiviste-bibliothécaire de nla Sainte Eglise en possédait la clef. Michener n'y était jamais entré lui-même. Il se contentait d'attendre respectueusement à l'extérieur lorsque son supérieur direct et exclusif Clément XV, s'y aventurait. Il connaissait certains des précieux documents entreposés dans cette pièce sans fenêtre. La dernière lettre qu'avait écrite Marie Stuart, reine d'Ecosse, avant d'être décapitée par Elisabeth Ire. Les requêtes de soixante-quinze seigneurs anglais qui avaient demandés au pape d'annuler le premier mariage d'Henri VIII. La confession signée de la main de Galilée. Le traité de Tolentino, imposé par Napoléon aux Etats pontificaux.
Michener examina les pilastres et les barreaux de la grille, surmontés d'une frise dorée qui représentait un feuillage et des animaux. La voûte de pierre, tout autour, datait du XIVe siècle. Rien n'était ordinaire à la Cité du Vatican. Chaque chose portait la marque d'un artiste renommé, d'un artisan de légende, d'hommes qui avaient oeuvré des années durant pour satisfaire Dieu et leur pape.
Michener traversa rapidement la pièce. Le bruit de ses pas se réverbéra dans l'air confiné. Il s'arrêta devant le portail et sentit un courant d'air tiède. La partie droite de la grille était flanquée d'un énorme moraillon. Il s'assura que le solide verrou était bien enclenché. Il l'était.
Se retournant, il pensa qu'un membre du personnel s'était peut-être introduit dans les Archives. A son arrivée, il avait croisé un des scripteurs qui prenait congé. Ensuite, personne n'était autorisé à entrer quand Michener était là : en tant que secrétaire papal, il se passait de baby-sitter. Cependant une multitude de portes permettait d'entrer ou de sortir, et il se demanda si le bruit de tout à l'heure ne provenait pas de quelques gonds vétustes. Ils auraient grincé une seconde avant de retrouver plus discrètement leur position initiale. Difficile à dire. Ici les sons étaient sans doute aussi nombreux et étranges que les manuscrits..."

Photo DR

9782738225221[1] 

 

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Published by Mademoiselle - dans L'Incipit du jeudi
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