Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 07:00

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Le 29 janvier 1962, la première collection d’Yves Saint Laurent est présentée, rue Spontini, dans l'ancien hôtel particulier du peintre Forain. Une femme, au regard noir intense, est assise au premier rang. Elle est sur le point d’assister à la naissance d’un grand couturier comme elle a déjà vu tant d'autres : Poiret, Dior, Chanel, Balenciaga... Il est bien loin le quartier juif de Cracovie, où Helena Rubinstein est née en 1872. Que de chemin parcouru, de travail accompli, de nuits d’insomnies… Dans la biographie que lui consacre Michèle Fitoussi on découvre la vie de la self made woman qui, de petite polonaise sans le sou, deviendra « Madame », mais aussi l’histoire de la cosmétique et l’évolution de la condition féminine.

 

En 1902, Helena Rubinstein, ouvre son premier salon en Australie. La même année, les Australiennes votent pour la première fois. Faut-il y voir un signe ? Pas vraiment, le symbole est séduisant mais comme l’explique Michèle Fitoussi : « L’indépendance des femmes l’intéresse, mais de la seule façon qui compte pour elle, en libérant leur apparence ». Egoïste, Helena Rubinstein l’est sans conteste. Pour elle, seule compte la réussite. Certains lecteurs s’en agaceront, peu importe, sa fougue avant-gardiste en séduira d’autres.  En 1908, Helena Rubinstein se marie avec le très volage Edward William Titus. De cette union né un premier garçon, Roy, en 1909 puis un second, Horace, en 1912. Bien trop occupée, à la tête de son empire, Helena Rubinstein n’a pas le temps/l’envie de pouponner. Son bonheur est ailleurs. A la fin de sa vie, en y repensant, elle confiera : « J’ai donné à mes fils tout le confort et l’argent qu’un être humain peut recevoir. Mais leur ai-je donné assez de moi-même ? Je ne le crois pas… J’aurai aimé vivre 300 ans pour tout mettre en ordre dans ma vie. » Derrière la dame de fer, il y a évidemment une femme avec ses doutes, sa peur de vieillir, ses chagrins.

 

A travers les presque 500 pages de l’ouvrage, Helena Rubinstein se dévoile. On apprend sa passion pour les arts premiers, son engouement pour la culture, ses liens avec les artistes et les écrivains de l'époque. Helena Rubinstein ira même jusqu'à créer un prix d’art moderne, et prête une maison de campagne à Edmonde Charles-Roux, alors en pleine écriture de son premier roman. Helena Rubinstein se fait régulièrement croquer et photographier à la moindre occasion. « C’est bon pour la publicité, c’est un excellent investissement et ça garnit les murs vides. » Des portraits où elle ne manque pas de se faire rajeunir. Habituée à cacher les détails dérangeants voire même certains épisodes de sa vie, Helena Rubinstein s’est toujours plus ou moins arrangée avec la réalité. Ici, les zones d’ombres s'effacent enfin pour le plus grand plaisir du lecteur.

Mademoiselle

Michèle Fitoussi, Helena Rubinstein, éd. Grasset, 472 p., 22 €

Pour en savoir plus sur le livre de Michèle Fitoussi : http://www.helenarubinstein-lelivre.com/


Ce livre a fait l'objet d'un partenariat avecBlog-o-Book, merci à eux et aux éditions Grasset.


Photo DR

Par Mademoiselle - Publié dans : Coups de cœur littéraires
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