Partager l'article ! Entre deux romans # 4 - Marie Charrel après "Une fois ne compte pas": De temps en temps, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent un ...
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De temps en temps, Les petits papiers de Mademoiselle, accueillent un auteur qui évoque cette période, un peu hors du temps, entre deux romans. Après Annie Degroote, Patrick J. Lambert et Emilie de Turckheim, Marie
Charrel a accepté l'invitation. Journaliste à Capital et Longueur d'Ondes, Marie Charrel, 27 ans, a grandi à Annecy et Grenoble. Diplômée de l’IPJ, elle a remporté les prix Bayard et Ajis. Une fois ne
compte pas, paru en avril dernier, est son premier roman.
Etes-vous déjà sur un nouveau projet ?
Oui.
Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
Ce roman reprendra quelques ingrédients du premier, notamment l'utilisation occasionnelle du
fantastique pour pousser les personnages dans leurs retranchements. Pour le reste, il sera, je crois, très différent. Plus adulte, j'ai conçu le premier au tout début de la vingtaine. Il
explorera principalement trois fils rouges. Le premier se penchera sur la façon dont on peut supporter l'absurdité du monde une fois qu'on la découverte. Le second abordera la naissance de
l'inspiration chez les peintres et les musiciens. Le troisième évoquera la façon dont l'art peut sublimer les douleurs. Les trois se feront échos. Le tout se passera entre l'Europe et les
Etats-Unis. Je n'en dis pas plus !
Et dans quel état d’esprit êtes-vous ?
J'ai écrit le premier sans imaginer une seule seconde qu'il s'agissait d'un roman, et encore
moins qu'il serait publié. Je ne me posais aucune question. La conception du
deuxième est donc très différente. C'est d'une certaine façon plus facile : je sais désormais quelles sont les erreurs à ne pas commettre. Mes faiblesses. J'ai parfois tendance à me laisser un
peu trop diriger par mon imagination délirante, à explorer tous les chemins où elle m'emmène. C'est délicieux mais dangereux. L'imagination doit toujours servir l'intrigue. Sinon, elle ne produit
que de la décoration inutile. Je sais désormais m'en méfier. Mais j'ai mis la barre plus haut. C'est ça, le plus dur : le degré d'exigence bien plus élevé envers soi-même.
A présent, dans l'écriture, qu’est-ce-qui vous semble plus
facile et inversement qu’est-ce qui vous pose des problèmes ?
Je fais plus facilement confiance à mon écriture et à mon intuition. Le plus dur, c'est le temps. Je cours après en permanence. J'en manque toujours. J'ai l'impression d'écrire toujours dans l'urgence. C'est contre nature. L'écriture exige la lenteur. Je rêverai de passer la moitié de mes journées à lire, l'autre à travailler mes textes, mais c'est impossible : les contraintes du quotidien sont tellement chronophages. Si je touchais l'héritage d'un oncle secret ou gagnais au loto, c'est la première chose que je m'offrirais : le temps.
Plusieurs mois après la parution de Une fois ne compte pas vous enchaînez les rencontres avec le public, est-ce que cela aussi nourrit votre style ?
Rencontrer les lecteurs me nourrit d'abord humainement. Leurs retours sont riches. Mais je ne suis pas sure qu'ils influencent mon écriture. D'abord, parce que leurs remarques concernent mon premier roman, très différent de ce que sera le second. Ensuite, parce que l'écriture reste un exercice solitaire et silencieux. J'aime que ce soit solitaire et silencieux. Je me concentre sur l'intrigue en oubliant tout le reste. Je fais taire toutes les autres voix. C'est la seule façon d'être sûr que le texte vienne vraiment de soi.
Merci Marie.
Vous pouvez retrouver Marie Charrel sur son blog : http://mariecharrel.wordpress.com/
Photo DR
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