Partager l'article ! Dans les coulisses de l'administration ou l'art de l'autodérision: Jean-Claude Lalumière né à Bordeaux en 1970, après des études de Le ...
![Le-front-russe[1]](http://img.over-blog.com/200x300/3/67/56/41/Le-front-russe-1-.jpg)
Jean-Claude Lalumière né à Bordeaux en 1970, après des études de Lettres, il multiplie les expériences dans des domaines aussi variés que la papeterie industrielle,
l’enseignement, le bâtiment, la radio et bien sûr l’administration. Expériences dont il s’est inspiré pour écrire son premier roman, Le Front russe, une satire de la
bureaucratie.
Comme votre héros, vous êtes originaire de Bordeaux, quels sont les autres éléments autobiographiques du roman ?
Il y en a bien sûr mais ce sont des situations qui ont été vécues par beaucoup d’entre nous. Je pense à certaines situations relatives à l’enfance (les interminables déjeuners de famille auxquels les parents vous obligent à assister, le mal au cœur en voiture sur les routes de montagne, les jouets éparpillés dans la chambre) mais aussi à d’autres liées au monde du travail (le premier jour, les pots de départ, les réunions inutiles, les procédures dénuées de sens). Elles sont des archétypes du monde auquel elles se réfèrent. Cependant, comme le personnage du Front russe, j’ai quitté Bordeaux, bercé de rêves et d’illusions, pour entreprendre une carrière dans la fonction publique. Ses quelques appuis étaient rassurants pour l’auteur débutant que je suis. Ensuite, il a fallu que je prenne un peu de distance. Il me fallait donner une lecture d’une situation et non pas donner l’impression de la vivre de l’intérieur. C’était une position obligatoire pour donner une dimension intéressante à cette histoire.
En lisant Le Front russe on rit beaucoup sauf peut-être à la fin. L’humour est-il, selon vous, le meilleur moyen pour ne pas sombrer ?
C’est en tout cas ainsi que j’ai voulu traiter ce sujet. C’est comme dans le film de Woody Allen, Melinda et Melinda, dans lequel deux types de scénaristes traitent tour à tour d’une situation, développant qui une comédie, qui un drame. Ce n’est qu’une question de point de vue. J’ai pris celui de l’humour et de l’autodérision. La fin ne prête pas à sourire, c’est sûr, mais elle invite le lecteur à revenir sur les pages qu’il vient de parcourir avec un autre regard. S’il est un moyen de ne pas sombrer, plus que l’humour, il s’agit de la littérature. N’est-ce pas « le meilleur moyen d’entendre parler de soi », comme l’écrit Frantz Bartelt, et de trouver des réponses ?
Racontez-nous comment votre roman est né et comment vous avez, ensuite, trouvé votre éditeur ?
L’idée d’un roman sur la première expérience professionnelle existait depuis un moment, parce qu’elle est un des derniers rites de passage à l’âge adulte et qu’elle soulève de nombreuses questions sur l’éducation. L’écart entre les rêves que fait naître ce premier emploi et la réalité est un espace suffisant pour développer une fiction. Je pouvais à la fois puiser dans mon expérience et inventer des situations. Le déclic a sans doute été la lecture du roman de William Gerhardie, Les Polyglottes, qui décrit le milieu des diplomates au moment de la révolution russe de 1917. J’avais alors trouvé la toile de font du Front russe : la diplomatie. Je pouvais me lancer dans l’écriture du roman.
Les éditions Le Dilettante étaient celles avec lesquelles je voulais travailler. Lorsque, dans un premier temps, j’ai envoyé mon manuscrit et que j’ai reçu une lettre de refus quelques semaines plus tard, j’ai été très abattu. Et puis, tout en continuant de proposer le texte à d’autres éditeurs, je me suis remis au travail. Le courrier de Dominique Gaultier était argumenté et je me suis appuyé sur ses motifs de refus pour améliorer le texte. Il est arrivé que certaines remarques faites par d’autres éditeurs m’aident aussi. Plusieurs mois sont passés. J’ai envoyé mon texte de nouveau au Dilettante en expliquant pourquoi cette nouvelle version pouvait justifier une publication. Et aujourd’hui Le Front russe existe. Il faut croire en La Poste, et au travail, surtout.
Enfin, quand comptez-vous venir présenter votre livre, ici, à Bordeaux ?
Je viendrai les 11 et 12 décembre à Blaye, pour Livre en Citadelle. Mais pour l’heure, je n’ai reçu aucune invitation pour Bordeaux même. Il y a de la place dans mon agenda pourtant…
Merci Jean-Claude.
Jean-Claude Lalumière, Le front russe, éd. Le Dilettante, 254 p., 17 €
Vous
pouvez aussi retrouver Jean-Claude Lalumière sur son propre blog : http://jclalumiere.over-blog.com/
Derniers commentaires