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Nous, les bons vivants publié aux éditions du Rocher est une bouffée d’air pur. Une parenthèse où le mot plaisir
est à l’honneur. Ce même plaisir que prennent Emmanuelle de Boysson et Claude-Henry du Bord à démonter une par une toutes les règles présentées comme autant de garanties à notre bien-être. En ce
début d’automne, Nous, les bons vivants est idéal pour garder le sourire. A mettre entre les mains des tristes donneurs de leçons pour qu’ils se dérident un peu, s’ils en sont encore
capables…
Mademoiselle
Extraits :
« Le bon ou le bien vivant est, un peu précipitamment, assimilé à un égoïste chronique : rien de plus faux, il excelle à être bien dans sa peau, dans sa vie, dans sa tête, comme disent les jeunes, pour être une agréable compagnie, devenir un agrément, un eprésence que l’on recherche au lieu de la fuir. Autre paradoxe : il se porterait mal, ses examens sanguins seraient dignes du livre des records ; pis encore, son attitude serait suicidaire, il n’aurait même pas le respect de lui-même – c’est dire son degré d’inhumanité. »
« Acceptons, sans paniquer, d’être mortel, d’avoir un droit de passage en guise de
passeport et de vouloir le remplir au mieux ; qu’il y ait ou pas au-delà, il commence ici ; acceptons de jouir de tout ce dont nous ne sommes que les dépositaires, avec toute la
responsabilité que cette charge suppose. Sans doute est-ce en ce sens qu’il faut comprendre le mot de Nietzsche : Plutôt que la vie éternelle, l’éternelle vivacité » _, être tendu vers
le vivant, s’exalter pour cette part sauvage en soi qui n’est pas pour autant barbarie et qui n’a rien en commun avec la pensée molle, la morale flasque de ceux qui prennent la vie autrement que
le large et préfère flotter entre deux eaux tièdes comme un banc de méduse. »
Emmanuelle
de Boysson et Claude-Henry du Bord, Nous, les bons vivants, éd. du Rocher, 184 p., 17 €
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