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Mon nom est Jamaica de José Manuel Fajardo est un livre qui vous emmène très loin. Roman d’érudition, rythmé et violent, Mon nom est Jamaica entraine le lecteur à travers l’espace
et le temps. Et c’est à bout de souffle mais aussi à regret qu’on referme ce livre tant il se dévore avec avidité. Cette même avidité que Santiago, pardon Jamaïca, mettra à défier la terre
entière, à aller au bout de sa folie… pour mieux en revenir, peut-être. Veuf depuis deux ans, Santiago, la cinquantaine, vient de perdre son fils. Du jour au lendemain, une certitude
l’étreint : « Je suis juif ». Son amie, Dana, tente de comprendre alors que, déjà, Santiago entre dans la peau de Jamaica. D’où vient ce personnage ? Dana découvre finalement
son existence dans un texte du XVIIe siècle. Première coïncidence d’une longue série… De son côté, Santiago malheureux comme les pierres, sombre dans la folie… pour mieux en revenir peut-être.
Tout commence en Israël, se poursuit en France, où les émeutes font rage dans la banlieue parisienne, puis en Espagne, avec un détour historique par l’Amérique du Sud. Dans ce roman
haletant, on court après les mots, pour comprendre ne serait-ce qu’une infime partie du mal qui ronge Santiago. Cet écorché vif qui à la faveur d’un train parti sans lui, change de vie.
José Manuel Fajardo, Mon nom est Jamaïca, Traduit de
l’espagnol par Claude Bleton, Métailié, 303 p., 21 €
Extrait : « « Je veux le voir »,
répliqua-t-il. « Voir quoi ? » Il me lança un nouveau regard : « Le chaos ». Là, je commençais à m’inquiéter vraiment, mais je n’osai rien répondre, je me redressai
sur mon siège et sondai la nuit en priant pour que cette parole reste un vœu pieux. On avançait lentement, on ne voyait pas grand-chose sur les trottoirs mal éclairés, et je réalisai que Tiago
n’avait pas allumé les phares, je le lui dis, mais il me répondit qu’on n’en avait pas besoin, « comme ça, nous sommes presque des fantômes ». »
Merci à Laura des éditions Métailié pour cette
belle découverte.
Photo DR
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